« You Call Me » : Alice Oh, Honey B Sweet et Keybeaux trouvent le bon dosage
Trois artistes se partagent un titre de pop alternative sans jamais se marcher dessus. Élégant, tenu, un peu trop sage.
Un featuring à trois voix finit souvent en trois solos collés bout à bout. You Call Me s'en sort autrement : Alice Oh, Honey B Sweet et Keybeaux se passent le morceau comme un objet fragile, chacun baissant d'un ton quand l'autre prend la parole.
Alice Oh entre par la petite porte
C'est le duo franco-américain qui ouvre. Timbre légèrement voilé, diction proche du chuchotement, aucune démonstration. Alice Oh creuse depuis ses débuts cette zone où la pop alternative frôle l'électro atmosphérique, et la première minute du titre en donne un résumé honnête.
Honey B Sweet appuie là où il faut
Son entrée change la température. Le timbre est plus charnel, l'interprétation traîne du côté de la soul, et elle met des mots sur ce que la première voix laissait en suspens. C'est le moment où le morceau cesse d'être un murmure.
Keybeaux fait le liant
Habitué à circuler entre rap, R&B et pop urbaine, il arrive tard et redistribue les cartes. Son passage, plutôt court, casse une structure qui commençait à filer droit. Sans lui, le titre resterait joli. Avec lui, il respire.
Une production volontairement discrète
Nappes électroniques, beat aéré, mixage qui garde les voix devant : rien ne cherche à impressionner. Le refrain tourne sur quelques mots et fonctionne comme un mantra affectif. L'appel du titre, celui qu'on attend ou qu'on redoute, sert de fil conducteur sans être trop souligné.
Une pop bien élevée, tenue de bout en bout, où trois artistes s'écoutent vraiment. On aurait aimé qu'ils prennent un risque de plus. 7,5/10.


